Le duel du 3 août 1890

Le dimanche 3 août 1890, un événement peu commun eut lieu à Troinex : un duel entre deux rivaux. 

Voici comment le Journal de Genève du 5 août 1890 a relaté ce fait divers :

« Dimanche après-midi, M. Aloys Pictet, maire de Troinex, fut prévenu par un voisin qu’un duel avait lieu dans sa propriété. M. Pictet s’est aussitôt rendu à l’endroit désigné. En arrivant à l’entrée de l’avenue où le duel avait lieu, un monsieur décoré lui barra le chemin, mais M. Pictet passa outre et, en sa qualité de maire, intima aux combattants l’ordre de cesser tout combat. On fit observer à M. Pictet que rien n’indiquait qu’il avait réellement qualité pour interdire le duel; M. Pictet répondit que le combat avait lieu dans sa propriété. Sur quoi, duellistes et témoins se sont empressés de monter dans trois voitures à deux chevaux qui les attendaient, et de partir au grand galop. Ils ont même mis une telle hâte à partir qu’ils ont oublié de faire monter en voiture le médecin qui avait déjà ouvert sa trousse sur le parapet d’un pont situé près de l’endroit où la scène se passait.

Voici les renseignements que nous avons pu obtenir sur cette affaire : Huit messieurs, venant de Paris, parmi lesquels se trouvaient, nous dit-on, MM. Lebey, directeur de l’agence Havas, et Arsène Houssaye, sont  partis dimanche après-midi, un peu avant trois heures, en voiture les uns de l’hôtel des Bergues, d’autres de l’hôtel de Russie. Ils se sont fait conduire d’abord à Veyrier, mais ne trouvant pas d’endroit convenable pour le duel, ils prirent la direction de Troinex où ils jetèrent leur dévolu sur l’avenue de la propriété de M. Pictet. Dérangés par ce dernier, les duellistes sont repartis pour St-Julien, et le duel a pu avoir lieu près de cette ville. Les deux adversaires ont, nous dit-on, été blessés. Duellistes et témoins ont dû prendre à St-Julien le train pour Paris, car les voitures qu’ils avaient louées à Genève n’ont ramené qu’une seule personne dans notre ville. »

L’article du Journal de Genève du 5.8.1890